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Jeudi 17 Mai 2012

Sassou-Nguesso plaide pour l'Afrique et les jeunes au Forum préparatoire de la francophonie à Rio+20


Mercredi 8 Février 2012 - 08:18

Vingt ans après le premier sommet de la Terre en 1992, la communauté francophone se réunit du 7 au 9 février 2012 à Lyon pour faire le point sur les engagements de Rio, et préparer une position commune en vue de la promotion d'une économie résolument verte, à l'occasion du sommet des Nations unies sur le développement durable,Rio+20, prévu en juin 2012 à Rio de Janeiro, au Bresil. Les chefs d'Etat de la République du Congo et de la République du Niger ont représenté leurs pairs africains à ces assises.


Sassou-Nguesso plaide pour l'Afrique et les jeunes au Forum préparatoire de la francophonie à Rio+20
Nous publions ici en intégralité l'allocution du chef de l'Etat congolais, porte-parole de l'Afrique à Rio+20 qui a fait un plaidoyer pour le continent et les jeunes, à l'occasion de l'ouverture du forum de Lyon, ce 8 février 2012.

"Monsieur Le Président Mahamadou Issoufou et cher Frère,
Monsieur le Président Abdou Diouf, Secrétaire Géneral de la Francophonie et cher Ami,
Monsieur le Représentant du Secrétaire Géneral des Nations unies, Coordonnateur Exécutif du Secrétariat de la Conférence de Rio+20,
Monsieur Jean-Pierre Raffarin, Représentant personnel du Président de la République française au Conseil Permanent de la Francophonie,
Monsieur Gérard Collomb, Maire de la ville de Lyon,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Jeunes gens,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

Je suis particulièrement heureux d'être ici, dans cette belle ville de Lyon pour prendre part à ce Forum préparatoire à Rio+20 initié par l’Organisation Internationale de la Francophonie. Je félicite mon frère et ami, le Président Abdou DIOUF, pour cette initiative et le remercie de m’y avoir invité.

Je suis heureux de participer à ce Forum parce qu’il est expressément dédié à la jeunesse. Il vous est dédié à vous, jeunes, qui venez d’horizons divers, avec au cœur une volonté commune de porter plus loin un flambeau allumé il y a vingt ans : un flambeau de justice et de partage.

A Rio, en juin 1992, des responsables de tous les continents ont pris, pour la première fois, la peine de réfléchir, ensemble, aux conséquences de nos comportements et aux menaces qui en découlaient pour l’environnement.

Il leur a fallu du courage car il s’agissait de tout remettre en cause, de dénoncer le fait que nous étions embarqués sur un navire en passe de devenir un vaisseau fantôme.

Cent soixante treize (173) chefs d’Etat et de Gouvernement ont adopté, lors de ce premier sommet de la Terre, ce que l’on appelé l’Agenda 21.

C’est ainsi qu’est née une promesse d’espoir, la promesse d’un nouveau monde.

Il y était question d’éradiquer la pauvreté, de renforcer le rôle des travailleurs et des agriculteurs. Il y était question d’une nouvelle vision du commerce et de l’industrie, de transfert des techniques et technologies écologiquement rationnelles, de coopération et de création de capacités nouvelles.

Il y était question d’une gestion responsable des ressources de la planète.

En bref, des engagements louables et libérateurs d’espoir.

Combien de fois, depuis 1987, n’avons-nous pas entendu scander cette phrase que Madame Gro Harlem Bruntland, ancien Premier Ministre de Norvège, à qui je rends hommage, a prononcé pour la première fois en parlant du développement durable : « Nos modes de production et de consommation doivent respecter l’environnement !».

Combien de fois n’avons-nous pas entendu proclamer que le développement durable appelait un changement de comportement de chacun face aux inégalités sociales, aux risques industriels et sanitaires, aux changements climatiques, à la perte de biodiversité, à une variété de m »naces qui pèsent sur la planète.

Vingt ans depuis Rio, dix ans depuis Johannesburg !
Qu’est ce qui a changé ?

Quelles promesses ont été tenues, quels engagements ont été respectés ? Peu, j’ai le regret de le constater, peu par rapport aux enjeux. Au moins, avons-nous conscience que notre planète est réellement en danger et qu’il nous faut la protéger, la préserver.

Cette conscience, plus nécessaire que jamais, peut favoriser l’émergence d’un nouvel humanisme. Elle est liée au respect d’un environnement qui permette, à long terme, à tous les habitants de la Terre, de se nourrir, de se loger, de se vêtir, de s’instruire, de travailler et de vivre en bonne santé. Elle est liée au respect de l’Autre, à la qualité de vie des générations à venir.

Ce nouvel humanisme est lié à une culture des hommes qui ne considère plus la nature comme un milieu hostile, mais qui la respecte, au lieu de vouloir la soumettre aveuglément, sans jamais lui obéir. Une culture des hommes qui mettent leurs découvertes au service d’un mieux-être de tous, au bénéfice de notre planète. Pour ce faire, il faut connaître la Terre et lui être reconnaissants.

Il faut réaliser que c’est elle, et elle seule qui nous offre notre nourriture, même si nous avons appris comment l’encourager en rationalisant l’agriculture, même si nous savons transformer ce qu’elle nous offre. Il est important que les enfants et les adolescents comprennent ce lien dès leur plus jeune âge. C’est aux familles et à l’école que revient ce devoir d’éducation au contenu nouveau.

Force est malheureusement de constater que nous n’en prenons pas encore la voie, englués dans nos contradictions, dans nos paradoxes, dans nos atermoiements et nos refus délibérés.

Nous n’arrivons pas à nous départir de cette vision binaire où l’économie et l’environnement sont antagonistes alors que nous savons tous que si nous ne parvenons pas à coupler ces deux termes, ce n’est pas une civilisation qui disparaîtra, mais toute trace de civilisation.

Nous avons cru au progrès. Ce progrès a réussi, sous certes latitudes, à améliorer le bien-être mais le moteur du progrès s’est emballé et personne n’écoute plus ceux qui ne cessent de répéter qu’on a oublié le frein. Il y a un tel vrombissement que les voix de la sagesse sont étouffées. Il est temps de nous maîtriser, il est temps de nous ressaisir.

Nous n’avons plus le choix : nous devons réduire la vitesse pour négocier ensemble le nouveau tournant de l’humanité. Nous devons trouver de nouveaux moteurs de la raison et de la confiance. C’est le chemin qu’il nous faut ouvrir largement maintenant, précisément dans quatre mois à l’occasion de Rio+20.

La bonne nouvelle, jeunes gens, nous vient d’Afrique !

L’Afrique fait partie de ceux qui marchent en première ligne sur le chemin nouveau. Elle le fait avec conviction et détermination.
En vingt ans, en matière de développement durable, l’Afrique a réalisé des progrès étonnants concernant particulièrement la gouvernance, la viabilité économique et environnementale, ainsi que la création d’institutions.

Dans notre sous-région, l’Afrique centrale, la conscience des enjeux nous a engagés résolument dans la protection des forêts du Bassin du Congo qui constituent l’un des poumons de l’humanité.

Dans cet ordre de préoccupations, mon pays, la République du Congo, a abrité en juin 2011 le premier Sommet des trois plus grands bassins forestiers du monde : le Bassin de l’Amazonie, le Bassin du Bornéo-Mékong et le Bassin du Congo.

Le 6 novembre dernier, nous avons lancé l’ambitieux Programme National de Reboisement et d’Afforestation qui doit, en dix ans, sur toute l’étendue du territoire national, couvrir une superficie d’un million d’hectares de plantations forestières.

Mais, les avancées réalisées par l’Afrique en matière de développement durable sont exposées à des menaces qui pourraient ruiner tous nos efforts. Il s’agit principalement des effets néfastes des changements climatiques ; de la rareté de l’eau ; de l’épuisement de la biodiversité et des écosystèmes ; de la désertification ; de la faible capacité de résistance aux catastrophes naturelles ; de l’urbanisation rapide et non planifiée ; de la pauvreté, voire de la misère.

L’Afrique, jeunes gens, est déterminée à préserver la dynamique de développement dans laquelle elle s’est engagée.

Voilà qui justifie toutes nos impatiences et toutes les attentes que nous plaçons dans la prochaine Conférence de Rio.

L’Union Africaine considère Rio+20 comme une occasion supplémentaire susceptible de permettre à l’humanité de placer réellement, concrètement et définitivement le développement durable au cœur de ses priorités. L’Afrique va à ce Forum mondial avec conviction et espoir. Elle s’y présentera unie, parlant d’une seule et même voix : celle qu’il m’a été demandé de porter sur la base d’une position commune et unique.

Le consensus africain pour Rio+20 est construit pour l’essentiel sur la nécessité de promouvoir pour notre continent, un nouveau modèle de développement plus ouvert et plus soutenable qui prenne appui sur l »économie verte comme moyen de parvenir au développement durable. Il est, à ce sujet réconfortant de constater que tous nos pays ont commencé, grâce à un processus consultatif, à recenser les possibilités et les moyens d’une transition harmonieuse vers l’économie verte.

La déclaration commune de l’Afrique sur Rio+20 souligne également les retards et les défaillances de la Communauté internationale dans la tenue des engagements liés à la réalisation du développement durable en Afrique. Il s’agit, entre autres de cinq engagements, cinq comme les doigts d’une main :

1. l'engagement des pays développés d'allouer 0,7 % de leur PIB aux pays en développement dans le cadre de l'aide publique au développement ;

2. l'adoption d'une solution équitable et durable sur la dette des pays en développement en vue de de son annulation totale et de l'accroissement des flux de financement concessionnel ;

3. le nécessité de la mise en oeuvre des Plans de bali et de Johannesburg relatifs à l'appui technologique, au renforcement des capacités et au transfert des technologies ;

4. la mise en oeuvre des Accords de Copenhague et de Cancun sur les financements accélérés supplémentaires, notamment la création d'un Fonds vert auquel les pqys en développement auraient directement accès ;

5. l'urgente nécessité que la voix de l'Afrique soit prise en compte dans toutes les institutions internationales et dans la gouvernance internationale.

L’importance capitale d’un appui de la Communauté internationale à l’Afrique, n’exonère pas, loin s’en faut ; les pays africains de leur responsabilité dans la recherche dans la recherche des voies et moyens de leur développement.

La position commune de l’Afrique pour Rio+20a , en outre, relevé l’importance du cadre institutionnel relatif à la gouvernance internationale de l’environnement. Nous avons, de plus en plus, besoin d’une Organisation des Nations Unies spécialisée pour l’environnement, avec un mandat international clair.

C’est ainsi que l’Afrique propose que le Programme es Nations Unies pour l’Environnement devienne une Agence Spécialisée des Nations Unies, avec Nairobi, au Kenya, pour siège.

Nous comptons sur le soutien de la Francophonie.

Monsieur le Président,
Monsieur le Maire,
Jeunes gens,
Mesdames et Messieurs,

Le fait d’avoir dédié ce Forum à la jeunesse est une forte interpellation adressée, une fois encore, à l’humanité afin qu’elle puisse promouvoir un modèle de développement qui cesse de compromettre les chances de survie des générations futures.

Je voudrais donc terminer mon propos, comme je l’ai commencé, par un appel aux jeunes, ici présents.

Chers jeunes gens, Vous qui êtes les garants de l’avenir de l’humanité,

Vous qui êtes nés sur une planète dont tous les horizons se sont rapprochés,

Vous qui êtes nés dans un monde où la communication et l’Internet font fi des distances géographiques et des frontières,

Vous qui êtes nés sur une planète dont les hommes en vingt ans ont pris conscience qu’elle était fragile et qu’ils ne pourraient sauver ce patrimoine commun de l’Humanité qu’en mettant en commun leurs connaissances,

Vous qui vivez un monde nouveau pour lequel il vous faut inventer de nouvelles règles, de nouvelles pratiques, de nouveaux échanges ;
J’en appelle à votre vigilance et à votre lucidité.

J’en appelle surtout à votre courage, à de nouveaux comportements, à une nouvelle culture, afin de préserver notre environnement en proie aux effets dévastateurs des mutations qu’imposent les temps nouveaux. Car, « le courage, disait Jean Jaurès, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. »

Vous aurez besoin de ce courage-là pour défendre les écosystèmes de notre planète, pour préserver son environnement biologique, pour sauvegarder la civilisation des Hommes, en un mot, pour pérenniser la vie.

A l’instar des petits ruisseaux qui font les grandes rivières, tout le monde doit se sentir concerné et se mobiliser en conséquence avec ses moyens autour de cet enjeu à dimension planétaire.

En louant une fois de plus l’initiative de la Francophonie et de son Secrétaire Général, je voudrais également dire notre gratitude à la ville de Lyon, à son Maire, à la région Rhône alpes et au Gouvernement français pour leur appui appréciable à cette heureuse initiative et pour toutes les dispositions prises en vue du succès du présent Forum.

Vive la Francophonie !
Vive la jeunesse !
Je vous remercie."





1.Posté par LE MODERNISTE VISIONNAIRE le 08/02/2012 21:00
CE VOYAGE EST IMPRODUCTIF. VOUS NE POUVEZ PAS VOYAGER AUX FRAIS DU CONTRIBUABLE CONGOLAIS POUR PARLER DES QUESTIONS AFRICAINES OU MONDIALES, À MOINS QUE VOUS AYEZ REÇU DES FRAIS DE VOYAGE, EN PLUS DU MANDAT, PAR CES ORGANISMES INTERNATIONAUX. LE SEUL POINT POSITIF À CE VOYAGE (DU MOINS JUSQU'À PRÉSENT), C'EST VOTRE RENCONTRE PROGRAMMÉE AVEC LES MÉDÉCINS CONGOLAIS DE LA DIAPORA, PREUVE QUE VOUS VOULEZ RÉELLEMENT INVESTIR EN MATIÈRE DE SANTÉ, CE QUE NOUS VOUS FÉLICITONS D'AVANCE.