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Lundi 13 Février 2012

Paul Obambi et le groupe SAPRO se lancent à la conquête du marché chinois



Posé sur son 1,90m de taille, Paul Obambi est l’un des rares hommes d’affaires de la République du Congo à avoir pignon sur rue au niveau du marché international. Il est le président directeur général (PDG) du groupe SAPRO, actif dans maints domaines, le pétrole, l’industrie, le bâtiment et les travaux publics (BTP), le génie civil, les services, etc. Grâce aux performances du groupe, Paul Obambi a été classé parmi les 50 meilleurs managers africains de l’année 2007 par le journal Jeune Afrique. Après le Congo, la République démocratique du Congo (RDC) et la Côte d’Ivoire, il met le cap sur la Chine.


Les affaires représentent plus qu’une vocation pour Paul Obambi qui est issu d’une famille de commerçants. Pendant que les investisseurs chinois envahissent l’Afrique et d’autres continents, le PDG du groupe SAPRO a choisi de faire le sens inverse, à travers l’implantation en Chine d’une unité industrielle dans le domaine de l’agroalimentaire.

Paul Obambi opère dans le pétrole depuis 1988 à travers SAPRO Oil. En 2007, il a racheté la société X-Congo Oil dont l’Etat de la RDC détient 50% des parts. Depuis lors, Congo Oil, 4ème opérateur pétrolier en RDC, réalise une montée en puissance remarquable dans le pays.

«J’ai choisi d’évoluer dans ce secteur parce que près de 90% des recettes de notre pays proviennent du domaine pétrolier. Il serait malheureux que les Congolais ne puissent pas s’intéresser au secteur qui rapporte près de 90% des recettes du pays», se justifie Paul Obambi. En RDC, Congo Oil a racheté en fait les actions de la société italienne Agip ; elle a diversifié ses activités dans plusieurs localités des provinces du pays telles le Kivu, l’Equateur, le Bas-Congo, etc.

Dotée d’une population de plus de 60 millions d’habitants, la RDC est un grand marché au cœur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). En dépit des conflits intervenant dans le pays, Paul Obambi pense que «la RDC est le point de développement de la sous-région. C’est un pays potentiellement riche en terme de marché, de la taille des habitants et de la richesse qui s’y trouve». En s’engageant en RDC, il entend apporter sa pierre au développement du tissu socioéconomique du pays. Car, le rachat de X-Congo Oil a permis de réduire le chômage à travers la création de plusieurs emplois directs et indirects.

En dehors du pétrole, le groupe SAPRO est présent dans plusieurs secteurs de l’activité économique, notamment l’industrie avec SAPRO Boissons, SAPRO Savons, SAPRO plastique ; les services avec Translo (transport et location), SCIA (Acquisition et gestion immobilière), Média international (régie publicitaire) ; le bâtiment et travaux avec GETRAB (Génie civil travaux publics et bâtiment).

Média international réalise une communication de grand impact basée sur l’affichage. Cette structure existant depuis plus d’une décennie, dispose de plus de 800 panneaux de différents types et de 80% de la part du marché. Elle réalise les aspects de l’affichage publicitaire tels l’implantation, le développement et la gestion des réseaux d’affichage, le média planning et le conseil en communication extérieure, la logistique et l’impression des affiches, la pose et la gestion de budgets publicitaires, etc.

Dans le bâtiment, la société GETRAB s’est chargée de la réhabilitation de l’immeuble en verre de l’Assurance et réassurance du Congo (ARC) situé à Brazzaville en collaboration avec une société italienne. Cet édifie érigé en plein centre ville a été endommagé pendant la guerre du 5 juin 1997. Basée en Côte d’Ivoire, SAPRO boissons est réputée dans la fabrication des jus de fruit.

Paul Obambi n’accuse aucune difficulté quant à assurer la gestion et le contrôle des activités des différentes filiales du groupe SAPRO. «Nous avons un système décentralisé dans la gestion. En ce qui me concerne, je n’interviens que pour des grandes décisions stratégiques. Je peux passer dix jours à Brazzaville sans mettre pieds à SAPRO où il y a un directeur général. Ces derniers temps, le cap est mis sur la Chine parce que nous y sommes en pleine implantation. Donc, à cette phase, j’interviens beaucoup et après l’implantation, c’est un collaborateur qui prendra le relais», explique le PDG du groupe SAPRO.

Président de la chambre de commerce, d’industrie, d’agriculture et des métiers de Brazzaville, Paul Obambi fait partie des hommes d’affaires oeuvrant en faveur de la promotion de l’initiative privée en Afrique en général et au Congo en particulier. Il révèle que l’Afrique est un terrain propice pour les affaires. «Le continent africain a des potentialités telles que les marges commerciales que nous faisons. Autant il y a des risques, autant il y a des gains importants en Afrique. Les avantages fiscaux que nous avons en Afrique, on les a très rarement en Europe, en Asie ou aux Etats Unis d’Amérique. En Afrique, nous sommes sur un marché moins ouvert à la compétition qu’ailleurs. L’Afrique est un continent qui a de l’avenir malheureusement la majorité de ses fils sont orientés vers la politique», souligne Paul Obambi.

Le PDG du groupe SAPRO a le mérite d’avoir su se démarquer d’autres hommes d’affaires congolais. Il s’oppose foncièrement à l’esprit du gain facile et jouit d’un franc-parler, ainsi que d’une détermination d’apporter de la valeur ajoutée au développement du monde. «Il ne suffit pas de faire fortune. Mais, il sied d’apporter de la valeur ajoutée au développement du monde», estime Paul Obambi qui admire le géant américain de l’informatique Bill Gates.

Nonobstant sa volonté de contribuer au développement économique, Paul Obambi a fait l’objet d’une cabale médiatique visant à nuire sa personnalité et son groupe. Selon les auteurs de cette cabale, le PDG du groupe SAPRO serait poursuivi pour ’’abus sociaux et détournement des avoirs de Congo Oil’’.

Congo Oil est une Sarl dont les statuts confèrent au vice-président directeur général, Paul Obambi, le pouvoir de gérer la société et au président du conseil d’administration (PCA) le pouvoir de convoquer les réunions du conseil d’administration, des assemblées générales et de définir leur ordre du jour.

«Nous sommes les seuls à avoir mis de l’argent à Congo Oil, explique Paul Obambi. Cette entreprise appartenait à des Italiens qui l’ont vendue à des partenaires et nous l’avons achetée par voie officielle. Nous sommes propriétaires de cette société ; et en RDC lorsque vous entrez dans le secteur pétrolier, l’Etat est votre partenaire d’office à hauteur de 50%. En ce qui concerne Congo Oil, l’Etat de la RDC n’a participé qu’à hauteur de 20% plus que les 30% n’ont toujours pas été libérés en terme d’actifs. Là n’est pas le problème, nous avons toujours très bien travaillé dans ce pays où passe la plupart des stocks de nos produits pétroliers destinés à alimenter les pays d’Afrique centrale. Nous sommes les gestionnaires de Congo Oil, c’est nous qui avons apporté l’argent et nous n’avons pas besoin de détourner notre propre argent. Quand on parle de 250.000 dollars US, soyons un peu sérieux, on ne veut pas tomber dans ce débat parce que l’article publié a été signé par un certain Y. S. On ne va débattre d’un article anonyme. Nous n’avons pas une décision d’un conseil d’administration ou d’une assemblée générale de Congo Oil dans laquelle il nous est reproche un certain nombre de choses. Il s’agit d’un groupe de faussaires. J’ai été harcelé à Kinshasa par monsieur Zéphirin Tchimbambe me demandant de lui remettre un million de dollars US. Monsieur Zéphirin Tchimbambe, président du conseil d’administration que j’ai dénoncé devant le ministre des hydrocarbures en présence du directeur de cabinet du ministre du portefeuille. Après avoir engagé l’opération de harcèlement à laquelle j’ai résisté, ce monsieur s’est jeté dans la presse par le biais du ''Potentiel'' en publiant un article anonyme contre lequel nous avons fait un droit de réponse dans lequel nous avons dénoncé le harcèlement. Nous avons aussi pris soin de porter plainte à la cour d’appel de Kinshasa parce qu’en dehors de ce harcèlement, ils ont organisé une opération de mafia pour retirer près de 500.000 dollars US dans les comptes et les stations de la société. Le doit a été lu et nous avons gagné le procès».


A lire également :
DROIT DE REPONSE DE PAUL OBAMBI A L'ARTICLE PARU DANS LE JOURNAL LE POTENTIEL
DU LUNDI 5 JANVIER 2009 à KINSHASA (RDC)

Brice Elion