Indicateurs économiques et cadre général des affaires en République du Congo
La République du Congo pratique depuis le début des années 1980, une économie libérale caractérisée par la coexistence de deux secteurs majeurs. L’un très structuré et basé sur l’exportation du pétrole et des matières premières, et l’autre essentiellement informel et reposant sur les activités agricoles, les unités de transformation locale et les services. Avant cela le pays a connu pendant plusieurs dizaines d’années, une économie étatisée. Ce qui n’a pas favorisé l’émergence d’un secteur privé suffisamment compétitif et créateur d’emplois, du fait de la forte influence marxiste du régime politique de l’époque, ainsi que de l’image fortement valorisante de la fonction publique, héritée de l’administration coloniale.
Une économie libérale tirée par le Pétrole et les Services
Aujourd’hui l’économie est dominée par les activités pétrolières et minières qui représentent plus de 56 % du Produit Intérieur Brut (PIB), près de 70 % des recettes fiscales et environ 90 % des recettes d’exportations.
Les services et le commerce constituent 7,6 % du PIB, les services financiers et l’immobilier 7,3 %, les transports et les télécommunications 6,5 %, l’industrie manufacturière 6 %, l’agriculture, la sylviculture et la pêche 5,5% et la branche construction du BTP 4,4%.
Une dette publique fortement allégée et une croissance en hausse
En 2010 le pays a atteint le point d’achèvement de l’initiative Pays Pauvre Très Endetté (PPTE) et a vu sa dette publique extérieure réduite, à terme de 90 %. Ce qui a considérablement relevé les finances et les investissements publics.
Depuis 2008 le pays a enregistré régulièrement un taux de croissance du PIB réel positif, malgré les crises internationales successives. Cette croissance est principalement l’œuvre des exportations pétrolières et du secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP), tiré par les grands projets publics d’infrastructures engagés par le Gouvernement.
Des recettes publiques en amélioration
Depuis 2008 les autorités ont engagé des réformes structurelles et un effort importants de bonne gouvernance qui ont permis au Congo de redresser remarquablement ses finances publiques, notamment à la suite des accords avec le Fonds Monétaires International (FMI) et la Banque Mondiale, dans le cadre du processus de l’initiative PPTE.
La nouvelle politique budgétaire consiste à stabiliser les dépenses publiques, à mobiliser de façon accrue les recettes fiscales hors pétrole, et à stimuler la croissance par l’investissement public.
Opérateurs économiques et typologie des entreprises
Les secteur privé au Congo est dominé par trois typologies d’entreprises :
- les entreprises grand-comptes
- les petites et moyennes entreprises (PME)
- les très petites entreprises (TPE)
Les deux premières évoluent dans des activités plus ou moins structurées et compétitives telles que l’exploitation pétrolière et minière, les télécommunications, le BTP, le Bois, les finances, l’hôtellerie, etc. Elles sont dans le secteur formel. Elles se conforment généralement aux exigences administratives en matière d’immatriculation et de règlementation, de fiscalité et de licence.
La troisième catégorie se compose essentiellement d’opérateurs informels, évoluant dans des petites activités de services, de commerce, de la sous-traitance manufacturière, de l’artisanat, de la restauration ou de l’agro-alimentaire. Il s’agit en général de micro-entreprises individuelles ou familiales. Elles exercent leurs activités généralement en dehors de tout contrôle administratif ou fiscal. Elles constituent néanmoins une plateforme non négligeable de création d’emplois, quand bien même ceux-ci sont le plus souvent précaires et mal rétribués.
Le problème majeur des PME et des TPE porte sur la grande difficulté d’accès au financement. Les prêts bancaires aux investisseurs sont très rares, et la plupart des créateurs d’entreprises font appel à leurs fonds propres. Seuls 11 % des entreprises disposent à peine d’une ligne de crédit auprès d’une banque en République du Congo. Les banques, malgré leur très bonnes santé financière, restent réticentes aux prêts envers les PME/TPE du fait des dossiers de demande de financement mal montés, mais également à cause du nombre trop élevé de crédits non remboursés par le passé.
Organisations patronales et d’appui aux entreprises
Au Congo les investisseurs privés sont appuyés par diverses organisations syndicales, patronales ou étatiques en vue de les assister dans le processus et de création et de conduite de leurs affaires (démarches, conventions collectives, relations avec l’administration, marché du travail et de l’emploi, formation, etc.).
Les chambres consulaires
Elles regroupent les chambres de commerces, d’industries, d’agriculture et des métiers (CCIAM) et sont reconnues auprès de la Conférence Permanente des Chambres Consulaires Africaines et Françaises. Elles ont leurs sièges aussi bien à Brazzaville qu’à Pointe-Noire, ainsi que dans les régions. Les chambres consulaires congolaises jouent un rôle considérable dans la recherche de partenaires internationaux, la formation et le perfectionnement technique et professionnel de leurs adhérents.
Les organisations patronales et professionnelles
UNICONGO : Union patronale et interprofessionnelle du Congo.
Elle représente le plus important syndicat patronal du Congo. Il regroupe près de 90 % des entreprises formelles du pays et se compose d’une dizaine de fédérations : Bâtiment Travaux Publics, Banques-Crédits-Assurances, Commerce, Hôtellerie, Agri-Forêt, Industries, Professions Libérales, Parapétroliers, Pétrole, Telecoms et NTIC, Transport et Transit.
Unicongo se donne pour mission de défendre les droits de ses adhérents, et travaille en étroite collaboration avec le ministère du travail, le tribunal de commerce, le tribunal du travail, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’Office national de l’emploi et de la main d’œuvre (ONEMO).
Les autres organisations professionnelles
UNOC : Union nationale des opérateurs congolais
COGEPACO : Confédération générale du Patronat du Congo
UETC : Union des employeurs et employés du transport en commun
Syndicat patronal des boulangers et pâtissiers du Congo
UNIBOIS : Syndicat des opérateurs de la filière bois du Congo
GIAC : Groupement interprofessionnel des artisans du Congo.
Il regroupe environ 22 associations d’artisans et assiste les artisans en terme de conseils en gestion, de financement et de formation technique. Il joue également un rôle d’assurance mutualiste en cas de maladie et d’interface entre les pouvoirs publics, les partenaires au développement et les artisans.
Le Giac sert également de domiciliation à certain artisans.
Le Centre de formalités des entreprises (CFE)
Le Centre de Formalités des Entreprises (CFE) joue un rôle de guichet unique permettant de simplifier la création d’entreprises, en servant d’interface avec toutes les administrations impliquées dans le processus de naissance d’une entreprise en République du Congo. Ce qui permet de réduire non seulement les délais, mais également les coûts de création d’entreprise.
TELECHARGER LE DOCUMENT COMPLET DE PRESENTATION DU CFE
Le pouvoir d'achat des menages handicape le B to C
Lorsque votre affaire porte sur le marché juteux des investissements de l'Etat (pétrole, mines, infrastructures, construction et BTP, etc.), qui touchent généralement les entreprises grands comptes et formelles, elle peut devenir très vite et très facilement prospère, car les marchés se chiffrent ici en dizaines, centaines, voire miliers de millions de FCFA.
Mais si votre investiissement est tourné vers Monsieur-Tout-Le-Monde (Business to Client - B to C-), vous serez, à un moment ou un autre confrontés aux limites qu'impose la faiblesse du pouvoir d'achat global des populations du pays. Exception faite des secteurs tels que la téléphonie mobile ou les brasseries pour lesquels non seulement la demande des consommateurs est très forte, mais les techniques de vente et de marketing des opérateurs sont plus que bien rodées.
La faiblesse du pouvoir d'achat au Congo est tel que les ménages consacrent l'essentiel de leurs dépense, plus de 60 %, dans l'alimentation, notamment dans les villes (dans les zones rurales les familles consomment ce qu'elles produisent !). Viennent ensuite les dépenses liées au logement ou à la construction d'une maison. Les dépensés consacrées à l'éducation, à l'habillement, aux loisirs arrivent en dernière position, et ne sont même parfois tout simplement pas satisfaites.
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