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Lundi 13 Février 2012

Les Congolais invités à s’investir dans les activités agricoles



Pays à vocation agricole, le Congo n’utilise que 2% de ses terres arables, alors qu’il réalise chaque année des importations alimentaires de plus de 100 milliards de francs CFA. Dans son message sur l’état de la nation devant le Parlement réuni en congrès, le Président de la République Denis Sassou Nguesso a invité le 13 août à Brazzaville le peuple congolais à s’investir dans l’agriculture afin d’améliorer la sécurité alimentaire nationale.


«Je voudrais rappeler à l’ensemble de notre peuple que le Congo demeure un pays à vocation agricole. L’agriculture reste la première de nos priorités. C’est notre planche d’indépendance et de liberté. C’est pourquoi, au moment où la question de la sécurité alimentaire se pose à l’échelle du monde avec gravité, j’en appelle à toutes les forces vives de la nation afin qu’elles s’engagent résolument dans la bataille de l’agriculture, celle qui nous assurera l’autosuffisance alimentaire et garantira notre liberté. Cette bataille vitale, nous devons à tout prix la gagner», a-t-il déclaré.

Plus de la moitié de la population congolaise est composée de jeunes représentant une main d’œuvre valide et abondante pour l’agriculture. Le Président de la République a insisté sur l’implication des jeunes dans les activités agricoles. «A la jeunesse, avenir du Congo, j’affirme que notre pays n’a de réel avenir que dans l’agriculture. Voilà qui m’amène à renouveler mon mot d’ordre d’hier : ’’une école, un champ’’, ’’une école, un jardin’’ afin qu’à compter d’aujourd’hui, les jeunes du Congo se familiarisent avec leur avenir et se l’approprient. Ce mot d’ordre, remis au goût de l’actualité, doit entrer en application dès la rentrée prochaine», a-t-il renchéri.

Dans les années 80, le Chef de l’Etat avait déclaré l’agriculture comme priorité des priorités en vue d’atteindre l’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2000. Cette mesure avait produit des effets positifs sur la sécurité alimentaire nationale. Le développement des activités agricoles permettra au Congo d’être à l’abri de la crise alimentaire qui frappe le monde de plein fouet.

En dehors des programmes élaborés en matière d’agriculture tels le programme spécial de sécurité alimentaire (PSSA), le programme national pour la sécurité alimentaire (PNSA), le programme de développement agricole et le programme de développement rural (PRODER), des mesures ont été prises sur l’exonération des intrants et matériels agricoles, la réduction et la suppression des taxes sur les produits de premières nécessité.

Situé en Afrique centrale, le Congo fait partie des pays ayant en partage les forêts du Bassin du Congo, deuxième poumon vert planétaire après l’Amazonie. Le Chef de l’Etat a indiqué que le pays était engagé dans une politique de gestion durable des forêts et de développement de l’économie nationale, soulignant l’adoption d’un nouveau code forestier en 2000 qui a permis l’implantation de 32 sociétés forestières.

La production industrielle de bois, toutes filières confondues, est passée de 1.300.000m3 en 1998 à 1.800.000 m3 en 2007. Le réseau national d’aires protégées a augmenté passant de 1.680.000 ha soit 5,4% du territoire en 1998 contre 3.650.000 ha, soit 11,6% actuellement.

Dans le cadre de la diversification de l’économie, le Président de la République s’est appesanti sur la relance des activités du secteur minier avec des projets en cours de réalisation tels des gisements de fer de Zanaga-Bambama et Zanaga-Madzoumou, des gisements de fer des monts Avima (département de la Sangha), des gisements de polymétaux de Mfouati et de Boko Songho, du projet de production de la potasse et du magnésium dans le département du Kouilou, etc.

Avec la réintégration du pays au processus de Kimberley, les pouvoirs publics entendent donner une dynamique à la commercialisation des diamants bruts notamment avec l’organisation de la filière de production artisanale dans les zones diamantifères de la Likouala, de la Cuvette-Ouest, du Niari et de la Lékoumou.

A l’instar des autres secteurs de l’économie congolaise, l’industrie a fait les frais des conflits armés que le pays a connus ces dernières années. Mais, depuis 2002 l’on note un regain des activités industrielles ; les investissements réalisés sont évalués à 132 milliards de francs CFA. Le secteur privé national hors pétrole et le secteur de l’artisanat ayant réalisé un investissement de plus d’un milliard de francs CFA.

Dans le domaine des infrastructures, plusieurs projets ont été mentionnés parmi lesquels la réalisation des routes Obouya-Boundji-Okoyo-Lékéty-Frontière Gabon, Ngo-Djambala-Lékana, Brazzaville-Kinkala-Gambari, Pointe-Noire-Brazzaville, Owando-Makoua-Mambili, des voiries urbaines de Nkayi et de Brazzaville, etc.

Il y a aussi le renforcement des systèmes d’approvisionnement en eau potable, ainsi qu’en électricité. S’agissant de l’eau, il est prévu à Brazzaville la réhabilitation de l’usine de Djiri et la construction d’une deuxième usine sur le même site ; la poursuite de la construction des systèmes d’approvisionnement en eau potable dans les chefs-lieux et districts du pays.

Après la réhabilitation du barrage de Moukoukoulou (département de la Bouenza) avec 74 mégawatts, un accent est mis sur la construction du barrage hydroélectrique d’Imboulou (120 mégawatts), d’une centrale à gaz de 300 à 450 mégawatts à Pointe-Noire et sur l’extension de la capacité de la centrage à gaz de Djeno qui passera de 25 à 50 mégawatts. Endommagés pendant les conflits, les postes de transformation à haute tension de Tsiélampo (Brazzaville), Mindouli (département du Pool), ainsi que de Mongo Kamba et Ngoyo à Pointe-Noire seront réhabilités.

En matière de télécommunications, le pays met en œuvre deux projets importants à savoir le projet de la couverture nationale en télécommunications et celui de la fibre optique qui porte sur la connexion du Congo au câble sous-marin SAT3 au niveau de l’océan atlantique.

Sur le plan sanitaire, il est notifié la réhabilitation des hôpitaux et centres de santé ; l’exécution du programme élargi de vaccination ayant permis l’éradication des maladies telles la poliomyélite ; la création d’une nouvelle centrale d’achat des médicaments ; la réalisation en cours d’une étude sur l’assurance maladie ; la gratuité du traitement antipaludique chez les enfants de 0 à 15 ans et les femmes enceintes ; la gratuité du dépistage, des examens biologiques du VIH/SIDA et des antirétroviraux.

Le système éducatif national se trouve en plein redressement grâce entre autres, au recrutement du personnel ; à la construction de nouveaux établissements scolaires ; l’octroi des primes, indemnités et autres avantages particuliers aux enseignants ; la relance des activités d’alphabétisation des adultes et d’éducation de base non formelle dans 191 centres ouverts sur l’ensemble du pays.

L’université Marien Ngouabi dont certains établissements ont déjà adopté le système Licence Master Doctorat, bénéficiera d’une bibliothèque moderne d’une capacité de 1000 lecteurs. Il sera engagé des études de faisabilité en vue de l’implantation des pôles universitaires départementaux. Une place de choix sera réservée à la formation qualifiante afin de permettre aux jeunes de disposer des aptitudes professionnelles spécifiques.

Concernant la création d’emplois, près de 20.000 nouveaux agents ont été intégrés dans la fonction publique depuis 2005 et des milliers d’emplois stables et temporaires sont créés à travers le pays.

La culture a été épinglée dans le message du Chef de l’Etat qui a annoncé l’élaboration d’un projet de loi sur la politique culturelle, consacrant 0,1% du budget de l’Etat à la promotion culturelle et artistique. Dans le cadre de la décentralisation, des musées d’arts et d’histoire seront ouverts, des œuvres monumentales seront érigées, ainsi qu’un Palais de la culture à Brazzaville dans le cadre des projets de la municipalisation accélérée de la capitale.

«Maintenant que les premiers jalons du développement sont posés, que les premiers obstacles sont levés, que les règles de l’action sont fixées, que les perspectives sont ouvertes, élevons-nous au-dessus de nos divisions, afin que dans l’unité et le travail, nous conduisions notre cher beau pays vers les hautes cimes du progrès et de la grandeur», a conclu le Chef de l’Etat.

etat_nation2008_1010664.pdf ETAT-NATION2008.pdf  (154.94 Ko)