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Jeudi 17 Mai 2012

Le diabète devient un problème majeur de santé publique


Mercredi 2 Novembre 2011 - 21:39

Réunis du 27 au 29 octobre à Brazzaville, dans le cadre du premier sommet africain francophone du diabète, les experts du continent ont reconnu à l’unanimité que cette maladie métabolique était devenue un problème majeur de santé publique, à cause de sa prévalence croissante et de sa gravité.


 Le diabète devient un problème majeur de santé publique
En Afrique, le diabète peut conduire à l'effondrement des systèmes de soins de santé, déjà fragiles par les maladies transmissibles comme la tuberculose, le paludisme et le SIDA. Il est l’une des causes des décès prématurés au monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), quelque 180 millions de personnes souffrent du diabète dans le monde, dont 80% dans les pays émergents ou en développement. Ce nombre devrait doubler d’ici à 2030.

On distingue deux formes de diabète : le diabète de type 1 et le diabète de type 2, caractérisés par une hyperglycémie chronique. Le diabète de type 1 survient chez les personnes jeunes et apparaît souvent dans l’enfance. Il est causé par une destruction auto-immune du pancréas qui ne produit plus d’insuline. Il n’y a pas de prévention possible actuellement. Les personnes atteintes sont dépendantes de l’insuline qui doit être administrée par injection. Quant au diabète de type 2 (qui représente 90 % des cas de diabète), il survient plus tard dans la vie et est dû à un état de résistance à l’insuline. Le diabète de type 2 résulte de deux phénomènes : d’abord une résistance à l’insuline, ensuite l’épuisement du pancréas.

La fréquence du diabète en Afrique est évaluée entre 1 et 6% de la population sub-saharienne et de 6 à 10% en Afrique du Sud. Le diabète touche actuellement quelque 240 millions de personnes et pourrait bien en toucher 350 millions en 2025, dont 15 millions en Afrique. Mais, d’après les experts, il ne s’agit là que des estimations puisque le dépistage et le suivi sont rares, les diagnostics tardifs, les complications répandues.

Le diabète représente une menace pour la santé publique dans le monde, surtout en Afrique. Il se développe à une vitesse inquiétante au sein des populations urbaines qui s’occidentalisent et prennent du poids du fait d’un manque d’exercice et d’un changement d’alimentation. Mauvaises habitudes alimentaires, pauvreté, tabous alimentaires et analphabétisme font partie des freins à une information correcte sur les risques du diabète.

A cela s’ajoutent les difficultés d’accessibilité géographique et financière aux soins du diabète, le manque de matériel de consultation, de médicaments et d’analyse, de programmes de prévention, des systèmes de santé peu adaptés à la prise en charge des maladies chroniques.

Face cette situation, les participants ont souligné la nécessite d’une approche pilote axée sur la décentralisation des soins, l’accès aux médicaments, l’éducation des patients et la prévention du diabète. Cette approche développée depuis 2003 au Mali par l’ONG ’’Santé diabète Mali’’ (SDM), a permis de renforcer la formation des professionnels de santé travaillant sur le diabète.

En République du Congo, le Gouvernement a mis sur pied en collaboration avec ’’Diabaction’’, un programme pour alerter les populations sur la nécessité de se faire dépister chaque année. D’autres pays comme la République démocratique du Congo (RDC) et le Cameroun ont mis aussi en place des approches pilotes.

Mais, en vue de rendre plus efficaces ces approches, les participants aux assises de Brazzaville ont insisté sur la formation urgente des professionnels de santé (diabétologues, médecins généralistes, infirmiers) au diagnostic et au traitement de la maladie, avec le soutien des instances internationales, notamment de la Fédération internationale du diabète (IDF). L’OMS s’est fixée l’objectif de réduire de 2% chaque année, le taux des maladies chroniques à travers le monde d’ici à 2015. L’objectif étant de prévenir 36 millions de morts prématurées dues à ces maladies entre 2005 et 2015.

L’apport des associations dans la lutte contre le diabète est aussi nécessaire et attendu. L’expérience de l’ONG ’’Santé diabète Mali’’ est une belle illustration. Par ailleurs, «La lutte contre le diabète n’est pas seulement l’affaire des professionnels, mais de tout le monde. Si les malades eux-mêmes peuvent mener un mouvement fort, comme le font les malades du SIDA, nous pourrons diminuer le fardeau du diabète en Afrique», a indiqué le président de la Fédération internationale du diabète (FID), le Pr. Jean-Claude Mbanya.