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Lundi 13 Février 2012

Le Congo se dote d'un cadre stratégique de lutte contre le SIDA 2009-2013



Le nouveau cadre stratégique national (CSN) de lutte contre le VIH/SIDA 2009-2013 a été validé le 20 février à Brazzaville, à l’issue de la 2ème session ordinaire de la coordination nationale du Conseil national de lutte contre le SIDA (CNLS). Cette rencontre a été placée sous le patronage de la ministre de la santé, des affaires sociales et de la famille, 2ème vice-présidente du CNLS, Emilienne Raoul.


Le nouveau cadre remplace celui élaboré en 2002 qui est arrivé à son terme en décembre 2007. Il constitue un instrument permettant de renforcer les acquis de la réponse national au VIH/SIDA et d’appliquer les mesures annoncées par le Chef de l’Etat, Denis Sassou Nguesso, relatives à la gratuité des antirétroviraux, des tests de dépistage et des examens biologiques du SIDA.

La formulation de ce document d’orientation pour les cinq prochaines années a été guidée par la vision d’un Congo où il y aura moins de nouveaux cas infectés et, permettant aux personnes vivant avec le VIH d’avoir accès à tous les services disponibles.

Le nouveau cadre 2009-2013 s’inscrit dans la perspective de consolidation, de capitalisation des acquis de la réponse nationale au VIH/SIDA et de l’élargissement de la réponse, en vue de l’accès universel aux services de prévention, de soins et de traitement et d’appui, en cohérence avec la stratégie nationale de réduction de la pauvreté et les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

D’un coût global de 62.989.652.000 de francs CFA, ce cadre s’articule autour de 5 axes, notamment le renforcement des services de prévention de l’infection à VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST) ; le renforcement des services de prise en charge médicale et psychosociale des personnes vivant avec le VIH/SIDA ; la réduction de l’impact du SIDA et la promotion des droits humains ; l’amélioration du système de suivi-évaluation, recherche, surveillance épidémiologique et gestion des informations stratégiques ; le renforcement de la coordination du partenariat et de la gouvernance.

Il s’agira dans la période 2009-2013 de réduire de 50% la proportion d’adultes de 15 à 19 ans qui ont des pratiques sexuelles à haut risque ; réduire à moins de 15% la proportion des adolescents de 10 à 17 ans qui ont des rapports sexuels à haut risque ; accroître de 55% à au moins 80% la proportion des personnes qui présentant une IST, bénéficiant d’une prise en charge syndromique dans une formation sanitaire ; accroître de 10% à 50% la proportion des adultes de 15 à 49 ans connaissant leur statut sérologique ; assurer la sécurité transfisionnelle au VIH et autres marqueurs de maladies transmissibles chez 100% des personnes bénéficiaires des transfusions et autres dérivés sanguins.

Ce cadre vise également à réduire à moins de 10% la proportion des nouveaux nés de mères séropositives infectées par le VIH ; améliorer la surveillance épidémiologique du VIH chez les femmes enceintes et dans les groupes à hauts risques (professionnels de sexe, donneurs de sang, tuberculeux…) ; promouvoir la recherche opérationnelle sur le VIH/SIDA et un environnement favorable à la multisectorialité et à la décentralisation de la réponse nationale au VIH/SIDA ; assurer la mobilisation et la gestion rationnelle des ressources en faveur de la lutte contre le VIH/SIDA.

Au terme des travaux, les participants à cette session ordinaire de la coordination nationale du CNLS ont recommandé le renforcement du plaidoyer auprès de la Banque mondiale en vue de l’extension du Projet de lutte contre le VIH/SIDA dont la clôture est prévue pour juin 2009 ; la mise en place de la stratégie avancée de dépistage du VIH dans l’ensemble des départements du pays en complémentarité avec l’approche de dépistage à l’initiative du soignant et en cohérence avec le plan de passage à l’échelle de la prise en charge médicale et psychologique des personnes vivant avec le VIH.

Ils ont également recommandé la prise des dispositions en vue de la soumission au Round 9 du Fond mondial d’une proposition prenant en compte les gaps de financement du nouveau cadre stratégique national de lutte contre le VIH/SIDA 2009-2013, ainsi que des dispositions permettant l’application effective dans tous les départements de la mesure de gratuité des ARV et du suivi biologique de l’infection à VIH ; etc.

«Nous pouvons constater selon les rapports du secrétariat exécutif permanent du CNLS et des différentes revues conjointes annuelles que le nombre de centres de dépistage volontaire et de prise en charge de personnes vivant avec le VIH, est en augmentation croissante et couvre tout le territoire national depuis 2006», a déclaré Mme Raoul, saluant l'appui des partenaires au développement.

De son côté, le représentant de l’OMS au Congo, le Dr Mamadou Ball, a souligné l'implication des pouvoirs publics dans la lutte contre le SIDA ayant permis d'enregistrer des résultats encouragreants. «Cette tendance devra être confirmée par l’enquête nationale de séroprévalence qui va être délivrée l’année en cours», a-t-il dit.

Rosalie Guielle