«La campagne que nous lançons a pour but d’éveiller les consciences sur cette tragédie. Il s’agit non seulement de traiter les femmes qui sont touchées, de les aider à retrouver leur dignité, mais aussi d’éviter que les fistules se produisent. Cette campagne a pour vocation également d’appeler l’attention des décideurs et des collectivités, pour réduire ainsi la stigmatisation associée à la condition des fistuleuses et encourager les femmes affectées de fistules à venir se faire soigner gratuitement à Brazzaville», a déclaré le représentant de l’UNFPA au Congo, David Lawson.
Il a invité les acteurs politiques, administratifs et sanitaires à faciliter l’orientation et l’acheminement des femmes affectées vers Brazzaville. Depuis 2005, l’UNFPA a mobilisé 205 millions de francs CFA contre les fistules au Congo. Ces ressources ont permis la réalisation de deux enquêtes dont les résultats affirment l’existence de près de 140 cas de fistules obstétricales dans le pays.
Un programme mis en place par l’UNFPA et le Gouvernement a permis à 30 femmes atteintes de fistules obstétricales d'être gratuitement opérées et guéries. Une vingtaine d'entre elles ont bénéficié d’une prise en charge pour leur réinsertion socio-économique.
L’UNFPA a lancé, dans le cadre de la stratégie globale d’amélioration de la santé maternelle, une campagne mondiale pour éradiquer la fistule dans plus de 40 pays, avec le soutien des partenaires publics et privés. L’objectif est de rendre cette condition aussi rare en Afrique qu’en Amérique du nord, aussi peu répandue en Asie et en Europe.
La fistule obstétricale est une affection relativement mal connue du grand public souvent négligée dans le monde malgré son impact dévastateur sur la vie des filles et des femmes. Il s’agit d’une blessure survenue au cours d’un accouchement long et difficile. La pression soutenue de la tête du bébé à naître sur l’os iliaque de la future maman, endommage les tissus mous, créant un trou appelé fistule.
Les conséquences de la survenue de fistules sont désastreuses : bien souvent le bébé meurt. La femme si elle n’est pas soignée, est vouée à une incontinence chronique, contribuant souvent à toutes formes de stigmatisation, notamment l’abandon par le mari et la famille, et le rejet par la communauté. Cependant la chirurgie réparatrice peut guérir 90% des cas mais le coût moyen du traitement, estimé à 500 000 francs CFA est bien souvent hors de la portée des patientes.
Les données fiables sur les fistules sont rares. Mais en 1989, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait que 2 millions de femmes souffraient de fistules dans le monde et que 50 à 100 mille nouveaux cas se produisaient chaque année. Ces chiffres ont été revus à la hausse dans une récente enquête menée par l’UNFPA et l’ONG EngengerHealth qui dénombrait l’apparition de fistules dans neuf nouveaux pays et estimait à 800 mille le nombre de femmes souffrant de cette pathologie au Nigeria seulement.