Les objectifs spécifiques de ce sommet sont la promotion des directives internationales en matière de prise en charge du diabète ; l'identification des modèles durables de prise en charge du diabète adaptable en Afrique ; la création des conditions d'échange d'expérience pour une meilleure santé des personnes atteintes de diabète en Afrique francophone.
La promotion de la formation et l'éducation du diabète adaptées aux réalités africaines ; le renforcement des partenariats dans le domaine de la santé ; la promotion des recommandations et bonnes pratiques médicales en faveur de la mise en œuvre des modèles durables de lutte contre le diabète, figurent également parmi les objectifs. Les participants plancheront sur l’organisation des soins, la politique de prévention ; le diabète de l’enfant ; le diabète gestationnel ; le diabète et le VIH/SIDA ; le diabète et le cancer ; le diabète et les nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Selon les experts, l'Afrique connaît une progression exponentielle du nombre de personnes atteintes du diabète, la plaçant au premier rang de tous les continents en termes du taux d'accroissement de la maladie. En 2000, l’OMS a évalué à 3 millions le nombre de décès par an liés au diabète, dont plus de la moitié par complications cardio-vasculaires particulièrement dans les pays à faibles revenus. A l’instar des autres maladies chroniques non transmissibles, le diabète présente un fardeau supplémentaire tant pour les systèmes de santé que pour les ménages. L’offre des soins reste aléatoire à tous les niveaux de la pyramide, et dans les pays où cette offre existe, la pise en charge des malades est assurée par un personnel médical ou paramédical peu ou non formé, indiquent les experts.
Face à cette situation, la communauté scientifique avait jeté les bases d’une complémentarité entre la médecine de soin et la santé publique au service du diabète en Afrique. Ainsi, les assises de Brazzaville se veulent un lieu d’échange, un socle de solidarité sanitaire internationale dans une dimension purement francophone.
Selon le ministre congolais de la santé et de la population, le Pr. Georges Moyen, «tous les indicateurs convergent vers le fait que, si l’on n’y prend garde, le fardeau représenté par les maladies non transmissibles (MNT) aura un impact encore plus négatif sur les systèmes de santé, par ailleurs déjà fragilisés par les maladies transmissibles». Pour lui, la problématique endocrinopathique sur laquelle ce sommet planche n’est pas une fatalité, les plus importants facteurs de risque communs aux principales maladies étant déjà connus et maîtrisés.
M. Moyen a évoqué quelques efforts qui permettent de minimiser la chance du diabète, notamment la stratégie de l’OMS/AFRO sur la prévention et le contrôle du diabète en Afrique ; les résolutions des Nations Unies encourageant les pays à élaborer des politiques nationales de prévention, de soins et de traitement du diabète ; les acquis des sommets de Brazzaville (Congo), Moscou (Russie) et New York (USA) sur les MNT ; la mise en œuvre constante des ressources du potentiel médical qui, s’appuyant sur la triade information-formation-partage, vise avant tout à lutter contre toute forme de précarité sur les bases factuelles.
Au niveau de la République du Congo, a-t-il fait savoir, une politique de santé est depuis longtemps focalisée sur la lutte contre les maladies infectieuses et celles évitables par la vaccination. Sur le plan institutionnel, un accent particulier a été mis sur la collecte des données des MNT. Les résultats des enquêtes diligentées à partir de 2004 ont permis au pays de s’approprier la stratégie africaine de l’OMS en matière de prévention et de contrôle du diabète, en intégrant la prise en charge de la maladie dans les soins de santé primaire.
Tout en annonçant que la République du Congo s’apprête à valider son nouveau programme intégré des MNT 2012-2016, le Pr. Georges Moyen a mentionné que la pluridisciplinarité et l’interdisciplinarité nécessaires à la compréhension plus élargie de la thématique du somment, étaient forcement convoquées à ce sommet pour que savoirs et pratiques se fécondent mutuellement, tout au moins dans la dimension francophone, en vue de l’amélioration des résultats dans la lutte contre le diabète et les autres maladies non transmissibles.