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Lundi 13 Février 2012

La République du Congo propose la création d’un fonds africain du développement durable



L’Afrique se doterait bientôt d’un fonds destiné au développement durable. La proposition a été faite le 29 octobre à Brazzaville par le Chef de l’Etat congolais Denis Sassou Nguesso à l’ouverture des travaux du 6ème forum mondial sur le développement durable, placé sous le thème ’’Afrique, environnement, mondialisation’’. Cette rencontre qui se tient pour la première fois en terre africaine, a regroupé 9 Chefs d’Etat du continent et plusieurs délégations.


«A nos soeurs et frères africains, je voudrais faire une proposition concrète, je propose la création par nous-mêmes d’un fonds africain du développement durable que chacun de nos pays serait appelé à alimenter selon ses moyens et suivant des règles à déterminer. Les sommes que nous y déposerions constitueraient une garantie de notre engagement et un aimant pour des apports extérieurs. Ce fonds devrait englober celui prévu par l’Union Africaine (UA) concernant la facilité africaine de l’environnement. J’invite la Banque africaine de développement (BAD) à en constituer l’organisation, les règles et les mécanismes de fonctionnement», a déclaré M. Sassou Nguesso.

Le sommet de Brazzaville se tient au moment où les questions liées à l’environnement sont d’actualité. Ainsi, plusieurs Chefs d’Etat ont effectué le déplacement de la capitale congolaise notamment Omar Bongo Ondimba du Gabon, Blaise Compaoré du Burkina Faso, Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire, François Bozizé de la République centrafricaine (RCA), Fradique de Menezes de Sao Tome et Principe, Pierre Nkurunziza du Burundi, Faure Gnassingbé du Togo et Thomas Yayi Boni du Bénin.

La création d’un fonds africain du développement durable permettra au continent de financer les projets liés au développement et à la préservation de l’environnement. L’Afrique centrale héberge l’un des poumons verts planétaires notamment le Bassin du Congo dont la préservation constitue une priorité pour l’humanité.

Les forêts congolaises représentent 10% des forêts du Bassin du Congo. Le Président Sassou Nguesso a souligné la nécessité de financer le plan de convergence de la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC) et déploré la lenteur du décaissement des fonds promis par les donateurs.

«Ce poumon vert est considéré comme le plus important de la planète après le complexe écologique de l’Amazonie. Sa disparition constituerait une perte inestimable pour nos populations, mais également une catastrophe dommageable à tous les pays de la planète. Ainsi, pour pauvres que nous soyons, nous détenons un trésor vital pour l’ensemble de l’humanité. Or, il nous faut bien constater ou regretter que ceux qui possèdent les ressources financières les plus importantes, ceux qui sont capables de dégager des sommes faramineuses pour juguler la crise dont j’ai fait allusion au début de mon propos, ceux-là, se montrent plus lents, très lents pour décaisser les sommes qu’ils s’étaient engagés à apporter afin d’assurer la pérennité de ce qui est plus qu’un héritage du Bassin du Congo, ce qui est affirmons-le avec force et détermination, un patrimoine de l’humanité», a-t-il lancé.

Le Chef de l’Etat congolais a souhaité que l’Afrique soit associée dans la recherche des solutions à la crise qui frappe le monde de plein fouet. «Il est inconcevable et inacceptable que l’Afrique, protagoniste de la vie internationale aux côtés de l’Amérique, de l’Europe et de l’Asie, soit mise à l’écart du débat décisif sur la refondation du système de Bretton Woods. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est l’avenir du monde, l’Afrique ne peut être tenue à la marge puisqu’elle est l’avenir du monde», a-t-il insisté.

De son côté, le délégué général du forum sur le développement durable Emile Malet a fait savoir que l’Afrique était une chance pour le développement durable. «Le développement durable demande à l’Afrique des évolutions et de la continuité, des changements et de la stabilité, des règles et de la liberté», a-t-il dit, ajoutant que l’Afrique ne saurait échapper à la mondialisation, elle est un acteur qui compte, qui pèse et qui devra peser à la réunion prochaine de Washington (USA) sur la crise financière internationale.

Avec ses 228.000.000 hectares de superficie, le Bassin du Congo fait partie des trois poumons verts du monde au côté de l’Amazonie en Amérique latine et de la réserve forestière située en Asie du sud-est.

Prix Nobel de la paix, la kenyane Wangari Maathai a été désignée en 2005 par les Chefs d’Etat d’Afrique centrale, ambassadrice itinérante du Bassin du Congo. Elle a évoqué le parcours réalisé dans la recherche des financements du plan de convergence de la COMIFAC.

«Nous avons déjà reçu l’engagement du Gouvernement du Royaume Uni qui a mis à notre disposition 110 millions de dollars US et celui du Gouvernement norvégien qui a mis à notre disposition 100 millions de dollars US. Mais, nous continuons d’en appeler surtout aux pays du G8», a-t-elle expliqué. Ces ressources financières destinées au financement du plan de convergence de la COMIFAC seront logées au niveau de la BAD, basée à Tunis (Tunisie).

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