Le PRONAR a été lancé sur un site de 110 hectares (2,4km de long contre 500m de large), dans le cadre de la 25ème édition de la journée nationale de l’arbre. Plus de 160.000 arbres d’essence forestière comme l’eucalyptus, l’acacia, le limba et le bilinga ont été plantés cette journée.
«Depuis les années 80, nous avons fait adopter une loi sur la journée nationale de l’arbre. C’est une loi votée au parlement qui veut que le 6 novembre de chaque année, chaque Congolais, où qu’il se trouve, plante un arbre d’essence forestière ou fruitière. C’est une loi, nul n’est sensé ignorer la loi. Le Congo, bien que pays forestier, a compris qu’il y a nécessité de participer à la lutte mondiale contre les changements climatiques, au développement de l’économie verte, au développement durable, à la lutte contre la pauvreté en milieu rural pour créer, à travers cette activité, de nombreux emplois surtout en milieu rural. C’est tout un programme de lutte contre la pauvreté et les changements climatiques, c’est une position que notre pays défend à travers le monde, je pense qui nous honore», a déclaré Denis Sassou N’Guesso.
Ce programme a pour objectifs d’atténuer la pression anthropique exercée sur les forêts naturelles en réduisant la déforestation et la dégradation des sols ; mettre en valeur les terres inadaptées aux cultures vivrières et à l’élevage ; créer plus de 50.000 emplois en milieu rural ; contribuer à l’industrialisation du pays ; assurer l’émergence de l’économie verte et d’une croissance soutenue ; préserver et enrichir la diversité biologique ; etc.
Il s’agit d’un vaste programme qui concerne à la fois les pouvoirs publics, les sociétés privées, la société civile, les confessions religieuses et les communautés rurales. Il devra permettre d’assurer un meilleur approvisionnement du pays en bois d’œuvre, d’énergie, d’industrie et de service ; promouvoir les produits forestiers non ligneux ; créer les capacités nationales de séquestration du carbone dans le contexte de l’atténuation des effets du changement climatique.
La forêt congolaise représente 10% des forêts du Bassin du Congo, deuxième poumon vert planétaire après l’Amazonie en Amérique latine. Le Chef de l’Etat congolais a été désigné par ses pairs africains pour parler au nom de l’Afrique au sommet de Rio+20 en 2012 au Brésil. Bien que pays forestier, le Congo entend poursuivre les efforts engagés dans le domaine de la conservation et de la gestion durable des forêts.
«Le Congo s’était engagé depuis longtemps dans la recherche scientifique et a mis au point pour la première fois au monde la technique du bouturage, de clonage de l’eucalyptus. C’était déjà un message qui voulait dire que malgré que le Congo ait environ 22 millions d’hectares de forêts, il y avait encore la possibilité d’augmenter ce potentiel, de participer ainsi à la lutte mondiale contre les changements climatiques, mais aussi développer le secteur de l’économie verte. Depuis cette date (1975), nous avons réalisé de grandes plantations d’eucalyptus et de pins tropicaux, ici même au kilomètre 45, à Loudima et surtout autour de Pointe-Noire», a expliqué M. Sassou N’Guesso.
Le Gouvernement congolais financera le PRONAR pour soutenir les actions du service national de reboisement, les petits et moyens planteurs, la recherche forestière, la formation et la coordination des projets. Le PRONAR bénéficiera des mécanismes de financement liés aux forêts, mis en place par la communauté internationale. Son coût global est estimé à quelque 1200 milliards de francs CFA.
«… à l’occasion de l’année internationale des forêts, le Gouvernement a décidé de conduire dans la période 2011-2020, un programme visant à mettre en place sur l’ensemble du territoire national, un million d’hectares de plantations forestières, en associant les collectivités et les communautés locales, le secteur privé, les familles, les particuliers et la société civile, qui dispose d’un capital humain énorme, y compris les congrégations religieuses», a indiqué le ministre du développement durable, de l’économie forestière et de l’environnement, Henri Djombo.
Il a attiré l’attention des sociétés forestières sur le respect des engagements pris vis-à-vis des pouvoirs publics, des populations locales et des travailleurs, précisant que le non respect des engagements conduit à des sanctions prévues par la loi. La législation forestière congolaise fait obligation aux exploitants de transformer 85% de bois au niveau national. Ce taux de transformation devrait être atteint en 2012 par toutes les sociétés forestières, a dit Henri Djombo.