Il est érigé sur un espace de 150 hectares par la Société congolaise de modernisation (SOCOMOD), filiale de la société israélienne LR group. Les travaux ont mobilisé 400 personnes dont des Congolais et des expatriés. Chaque famille de fermiers a reçu un poulailler de 1500 poulets de chair et deux hectares, ainsi qu’une maison (trois chambres, salon, cuisine et salle de bain).
Le village agricole d’Imvouba qui produira 400.000 poulets de chair par an, compte 50 maisons dont 45 pour les exploitants et 5 réservées au personnel d’appui. On y trouve également une infirmerie, une école, un centre communautaire, un hangar ou Mbongui, un dépôt du matériel de chantier, une épicerie, deux groupes électrogènes et une bâche à eau. Ce village situé dans le district de Ngabé, sera connecté au réseau électrique du barrage d’Imboulou.
«Rapprochant davantage l’agriculture des autres activités génératrices de revenus, l’expérience des nouveaux villages révèle, par ailleurs, que la meilleure stratégie, en vue de transformer la société est aussi l’union des membres d’une communauté autour d’un idéal commun. Cette politique atténue, progressivement, les raisons d’errance de jeunes ruraux, hier monnaie courante dans les centres urbains, où les invitaient la recherche instinctive du mieux-être, la ruée vers le premier emploi, et où gagnés par l’anxiété, ils espéraient enrayer l’incertitude du lendemain», a déclaré le délégué général aux grands travaux, Jean Jacques Bouya qui présentait le projet.
Les nouveaux villages agricoles devraient permettre à la République du Congo de réduire ses importations alimentaires, estimées annuellement à environ 150 milliards de francs CFA, en vue de garantir à la longue son autosuffisance alimentaire. Le président directeur général de la SOCOMOD, Etrog Yehoshua, a indiqué que le projet de nouveaux villages fera du Congo un modèle de développement.
«Les nouveaux villages insuffleront une nouvelle vie aux différents départements du pays en consolidant les populations rurales, en fournissant des emplois et des logements, en créant les conditions de prospérité et de croissance dans les campagnes, en développant et en renforçant les communautés par le biais de l’agriculture moderne», a-t-il renchéri.
La première expérience de ces villages a été inaugurée en 2010 au village Nkouo (département du Pool) par le chef de l’Etat congolais Denis Sassou N’Guesso. Avec une production de 8 millions d’œufs de table et 6 millions de tubercules de manioc par an, le village de Nkouo est spécialisé dans l’élevage des poulettes et des poulets.
Le ministre de l’agriculture et de l’élevage, Rigobert Maboundou, a fait savoir que le village agricole de Nkouo (40 familles d’exploitants), réalisait de bons résultats avec un chiffre d’affaires de 660.000.000 francs CFA (sans compter les recettes commerciales des produits maraîchers et céréaliers).
«Le premier village agricole de Nkouo, mis en exploitation le 8 octobre 2010, tient ses promesses, au regard des résultats économiques et financiers qui auraient manqué à l’économie nationale, si le projet n’avait pas existé : 80 emplois jeunes créés ; 6.090.300 œufs de table frais mis sur le marché sur une prévision de 5.850.000 ; 153 tonnes de tubercules de manioc produits ; 3088 sacs de déjections animales mis sur le marché ; 866 tonnes d’aliments de bétail consommés», a-t-il expliqué, ajoutant que ce village a produit en une année la moitié de la quantité des œufs importés par le Congo en 2008.
Après Nkouo et Imvouba, le gouvernement congolais mettra le cap sur Odziba où il sera installé un autre village agricole spécialisé dans l’élevage porcin, ainsi qu’une unité industrielle. Le projet s’étendra par la suite dans les autres départements du pays à vocation agropastorale.