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Mercredi 8 Février 2012

Guinée: Manifestation anti-Camara interdite - La garde présidentielle tue 58 personnes

Article publié sur le web le 29/09/2009



Une manifestation interdite de l'opposition en Guinée contre la candidature de Moussa Dadis Camara à l'élection présidentielle de janvier 2010 a causé la mort de cinquante-huit personnes, hier lundi 28 septembre à Conakry. Plus d'une personne encouragent l'opposition guinéenne à poursuivre son offensive jusqu'au bout pour ne pas laisser le pouvoir entre les mains de la junte militaire qui continue à faire honte à la jeune démocratie africaine.


Cinquante-huit cadavres ont été apportés, hier lundi 28 septembre, à la morgue du Centre hospitalier universitaire de Donka, à Conakry, après un grand rassemblement de l'opposition réprimé par les forces de l'ordre, a affirmé à l'AFP un médecin, sous couvert de l'anonymat.

«Nous avions dénombré 52 cadavres et six viennent d'être apportés», a indiqué à l'AFP ce médecin du CHU de Donka.

Selon un membre de la Croix-Rouge, joint par l'AFP, «les dirigeants de l'armée ont demandé que tous les cadavres collectés soient apportés au camp (militaire Alpha Yaya Diallo, siège de la junte, ndlr) et non pas dans les morgues». Pour cet humanitaire, il y a «une volonté de dissimuler les corps des victimes» de la répression.

Dans un autre établissement sanitaire de Conakry, l'hôpital Ignace Deen, une source médicale avait auparavant assuré au correspondant de l'AFP qu'un camion militaire était venu pour ramasser des «dizaines de corps», emmenés vers «une destination inconnue».

Deux anciens Premiers ministres, dirigeants de partis d'opposition, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, auraient été blessés puis conduits dans un camp militaire, selon l'épouse de l'un d'eux. Certains manifestants à la tête et une trentaine ont été arrêtés et emmenés dans des fourgons vers une destination inconnue.

POURSUIVRE L'OFFENSIVE

Les forces de l'ordre ont violemment dispersé les opposants à l'aide de matraques et de grénades lacrymogènes. Mais en fin de matinée, plusieurs jeunes qui revenaient aux alentours du stade ont attaqué un commissariat de police et emporté des armes, selon plusieurs témoignages. Les policiers du commissariat attaqué s'en sont pris à des civils dans leur fuite, indiquent les mêmes sources. Le correspondant de l'AFP, qui travaille également pour RFI, Mouctar Bah, a été brièvement interpellé. Des hommes en uniforme ont pris son matériel (un micro et un magnétophone) avant de le fracasser par terre.

Les jeunes avaient commencé à se rassembler, avec des pancartes où on pouvait lire «non à Dadis» et «à bas l'armée au pouvoir».

La junte avait interdit, le dimanche 27 septembre 2009, ce rassemblement pour ne pas troubler l'ordre public avant la fête de l'indépendance prévue le 2 octobre 2009. Mais les «forces vives» (partis politiques, syndicats et société civile) avaient maintenu le mot d'ordre.

A tout prendre, face à cette situation on ne peut plus dramatique en Guinée, plus d'une personne encouragent l'opposition à poursuivre son offensive anti-Camara jusqu'au bout pour ne pas laisser le pouvoir entre les mains de la junte militaire qui fait honte à la jeune démocratie africaine.


Ganny