D’après M. Ondaye, ses missions consistent, entre autres, à faire le plaidoyer auprès des gouvernements africains sur les métiers de la musique ; suivre les expériences en cours sur le management des systèmes culturels au niveau du continent ; lutter contre la marginalisation des artistes africains ; recenser toutes les industries musicales sur le continent ; faciliter le jumelage des centres de formation africains avec les autres zones du CIM ; favoriser l’organisation de grandes rencontres liées à la musique sur le continent ; renforcer la visibilité du CIM en Afrique.
Evoquant la question sur la contribution de la musique au développement, il a indiqué que les artistes étaient à la fois des porteurs de valeurs et de développement. Ces derniers ont été également édifiés sur les métiers de la musique, notamment les artistes, les producteurs, les arrangeurs, les éditeurs, les distributeurs, les vendeurs. Les fabricants des instruments de musique et les employés des bureaux des droits d’auteurs font aussi partie des métiers de la musique.
«Le secteur musical est le secteur qui crée le plus d’emplois dans le monde, à côté des loisirs. Il faut le sortir de son isolement. La musique est un secteur transversal, en y intégrant tous les départements impliqués», a signifié M. Ondaye.
Selon lui, la responsabilité des Etats à ce niveau consiste à intégrer la musique dans le système scolaire, notamment en transformant les outils musicaux en outils didactiques ; renforcer les capacités des artistes ; construire des infrastructures musicales, etc. M. Ondaye a appelé l’Union africaine (UA) à prendre en compte la question de la piraterie. «Les Chefs d’Etat voudraient bien se présenter au haut niveau, afin de faire respecter les conventions qui sont signées dans le monde pour protéger les artistes, parmi lesquelles la Convention sur la protection du patrimoine immatériel», a-t-il lancé.
Le représentant de l’Afrique au CIM a aussi appelé à la structuration de la société civile musicale congolaise, exhortant les artistes à se former en groupement afin de mieux revendiquer leur place dans la société : «Il faut que nous arrivions à la société civile musicale congolaise autour des corporations. Si on veut être crédible, il faudrait que nous soyons une force de propositions et de revendications. Il faut qu’on se forme en groupuscule des opérateurs culturels, des artistes, à travers le partenariat public-privé. La force de la société civile congolaise est démontrée au Congo. Le CIM devra être capable de former les artistes. L’Etat doit prendre ses responsabilités en créant des cadres artistiques».
Parlant du festival panafricain de musique (FESPAM), M. Ondaye a déploré le fait que seule la République du Congo supporte le financement de cet évènement panafricain. Pour lui, cette instance africaine devrait contenir, en son sein, des acteurs venant de tous les Etats.
L’orateur a indiqué que sur le plan musical, l’Europe et l’Amérique sont suffisamment avancées et possèdent tous les mécanismes de bonne marche des activités musicales. Alors que tous les acteurs de la sphère musicale en Afrique sont pauvres. Cependant, l’Afrique qui a donné naissance à la musique, occupe la dernière place. Aujourd’hui, la Rumba est classée comme patrimoine de l’humanité. Pour faire face aux difficultés auxquelles les artistes africains sont confrontés, M. Ondaye a fait savoir qu’en 2012, le CIM et la Banque mondiale (BM) développeront un grand programme de développement du secteur musical (PDSM).
«C’est beaucoup d’argent que la Banque mondiale a mis à la disposition du CIM. Il revient à chaque Etat de formuler les requêtes, de proposer des projets qui intéressent toute la chaîne de valeur musicale à savoir la création, la production et la diffusion ou la distribution, y compris celles liées au renforcement des capacités des artistes et la création des infrastructures musicales. Il faut qu’on ait une banque de données de toutes les industries musicales mais également des artistes de chaque pays parce que lorsque nous allons déployer le PDSM il faut qu’on tienne compte du profil de l’artiste», a-t-il précisé.
De leur côté, les artistes et opérateurs culturels ont déploré le manque de partage avec les artistes de la sous région. Toutefois, ils ont encouragé M. Ondaye dans cette lancée et émis le souhait de voir ces échanges se multiplier.
Dans le cadre de l’exécution de ses missions au CIM, M. Ondaye commence dès la semaine prochaine une tournée qui le conduira dans les pays tels le Burkina Faso et le Bénin. Avec 200 millions de membres dans le monde, le CIM est une expertise musicale de l’UNESCO qui analyse les questions musicales dans le monde et de tous ceux qui travaillent autour de la musique. Le Congo est membre de cet organe depuis 1970.