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Lundi 13 Février 2012

Dernier hommage à Monseigneur Ernest Nkombo



Ancien président de la Conférence nationale souveraine (CNS), Mgr Ernest Nkombo a été porté en terre le 13 novembre au cimetière catholique de la cathédrale Sacré-Cœur de Brazzaville. Peu avant, un hommage lui a été rendu au Palais du Parlement par les membres de sa famille et ses proches, ainsi que d’autres autorités en présence du Chef de l’Etat Denis Sassou Nguesso et son épouse .


L'évêque du diocèse d'Owando (département de la Cuvette) est décédé le 22 octobre dernier à Paris (France) à l'âge de 67 ans des suites d’un cancer du foie. Il était une icône de la nouvelle ère démocratique en République du Congo. Au service de l'église catholique depuis son ordination presbytérale le 8 juillet 1973 à l'église Sainte-Anne par le Cardinal Emile Biayenda, Mgr Kombo a su maintenir sa dévotion pour l'Etat congolais au sein duquel il a assumé de hautes fonctions, après avoir servi comme fonctionnaire au Centre national de gestion (CENAGES) de 1976 à 1983.

Des témoignages de ses proches et amis ont révélé la vraie personnalité de ce fils du pays qui n’a pas ménagé son énergie pour servir la nation. Le vent de la démocratie soufflant au début de la décennie 1990, Ernest Nkombo avait été choisi pour diriger les travaux de la CNS. C’est dans ce contexte particulier que le prélat marquais ses pas en politique. La CNS n'était pas facile à gérer compte tenu des querelles entre la vielle classe politique et la nouvelle classe incarnée par les expatriés.

«Contre les empoignades entre délégués, les joutes oratoires sanctionnées par des cris impitoyables qui électrisaient la salle et provoquaient une frénésie difficilement maîtrisable, l'évêque d'Owando usait de prières et de jeûnes. Grand modérateur, il invitait les uns et les autres à l'amour, la tolérance en vue d'un atterrissage en douceur de l'avion Congo», a révélé un de ses proches de l’époque Jean Michel BoKamba Yangouma.

Le premier sécrétait de l’Assemblée nationale, Pierre Ngolo a rappelé dans l’oraison funèbre que le prélat a joué un rôle important à la tête de la CNS et à la première vice présidence du Conseil supérieur de la République (CSR). Sa grandeur d'esprit le fut élevé au grade de «grand croix», l'échelon supérieur des ordres nationaux du Congo.

«Face aux exigences multiples, il ne céda point à la tentation de s'engager définitivement en politique au détriment de sa foi. Ce qui ne l'a jamais empêché d'intervenir sur la marche de la vie publique en tentant d'infléchir par ses opinions le cheminement démocratique dans notre pays», a indiqué M. Ngolo.

Tout au long des assises de la CNS, Mgr Komba a marqué les esprits des conférenciers par des gestes inattendus comme la distribution des bibles. Il a conduit les conférenciers à retenir par cœur le triptyque «Tu ne mentiras pas, tu ne voleras pas, tu ne tueras pas».

Dans son omelie, le nonce apostolique, Mgr Andrés Carrascosa Coso a exhorté l’assistance à comprendre le dessein profond de Dieu. La dépouille mortelle de l’illustre disparu est arrivée mercredi en début de soirée par le régulier d'Air France. Elle a été accueillie à l'aéroport Maya Maya par des membres des deux chambres du Parlement et les membres du Parlement de transition de 1991 à 1992.

Né le 27 mars 1941 à Pointe-Noire, Mgr Ernest Nkombo était le cinquième garçon d'une famille de neuf enfants dont seulement une fille. Inscrit au petit séminaire Saint-Paul de Mbamou, puis au grand séminaire Libermann, il a aussi entrepris des études d'économie politique en France. Ordonné prêtre en 1973, il fut sacré le 6 janvier 1984 à Rome par le Pape Jean-Paul II. Dans l'exercice de sa fonction d'évêque du diocèse d'Owando, il a également exercé la fonction de président de la conférence épiscopale du Congo de mai 2003 à mai 2006.

L’Evêque d’Owando a été inhumé dans la modestie, comme il l'a souhaité dans son testament.

Sylver Ikama