Et c'est depuis quelques temps que la Direction générale des migrations a entrepris la traque des étrangers en situation irrégulière sur le territoire congolais et leur expulsion hors des frontières nationales. Mais la différence est que les services congolais de migration veillent à l'humanisation de ces expulsions, contrairement aux traitements inhumains infligés aux Congolais en situation irrégulière en Angola et à Brazzaville.
Sont encore fraîches dans nos mémoires, des images poignantes de nos compatriotes tués et dont les cadavres étaient enterrés, d'autres ramenés au Congo lors de ces expulsions. Il y avait des victimes des tortures et des viols, dépouillées de leurs biens et chassées comme des malfrats. On a vu des moribonds, terrassés par la famine, les maladies et épuisés par la longue marche pour atteindre les frontières congolaises, alors que certains exerçaient de petites activités minières et le petit commerce dans la terre d'accueil sans perturber la quiétude des ressortissants de ces deux pays voisins de la RDC, liés par plusieurs siècles d'histoire commune et des relations de fraternité entre les populations frontalières.
La DGM y va par vagues de 30 à 50 personnes, a indiqué une source officielle qui signale que les services congolais de migrations se chargent aussi de les regrouper dans un site bien déterminé avant de les reconduire vers leurs pays d'origine.
Pour les Angolais, a rapporté Radiookapi.net, l'expulsion se fait par les frontières de Lufu et Yema, tandis que pour les Brazzavillois, cela se fait par le beach Ngobila de Kinshasa.
On peut noter que les services congolais de migration ont agi avec promptitude pour exécuter cette décision du gouvernement qui intervient, après plusieurs rapports sur le caractère inhumain des expulsions de nos compatriotes de la part des pays voisins à savoir l'Angola et Brazzaville.
Dans la foulée, l'enquête publiée à Matadi dans la première quinzaine du mois de septembre et qui a fini par révolter toutes les consciences, évaluait le nombre des expulsés à 15.000 personnes. Le groupe de travail onusien a exprimé la crainte de voir ces chiffres dépasser les 50.000 à l'approche des élections présidentielles angolaises prévues en 2010, a relevé Radiookapi.net .
Notons que Kasaï oriental avait enregistré, en juin dernier, le retour de 2.500 personnes refoulées de l'Angola, pendant qu'au Kasaï occidental, 15.801 compatriotes rapportaient qu'ils avaient parcouru environ 1.000 kilomètres à pieds pour atteindre la localité de Wikong. La semaine dernière, l'expulsion des Congolais frappés par les mesures de refoulement a entraîné la mort de dix personnes entassées dans un camion en mauvais état.
Les Nations unies préoccupées par ces vagues d'expulsion, recommandent tout soit fait pour trouver des solutions, afin d'éviter les conséquences humanitaires graves qu'entraînent de telles expulsions.