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Mercredi 20 Août 2014

AZUR Développement appelle les femmes à la lutte pour l’accès à la justice et aux soins pour les victimes de la violence


Mercredi 24 Juillet 2013 - 09:30

L’association AZUR Développement a organisé le 23 juillet à Brazzaville, un atelier de plaidoyer sur l’accès à la justice et aux soins pour les femmes et enfants survivants de la violence domestique et sexuelle. Au cours de cet atelier, un appel a été lancé à l’endroit de toutes les femmes en vue de leur implication effective dans la lutte contre les violences faites aux femmes et enfants.


AZUR Développement appelle les femmes à la lutte pour l’accès à la justice et aux soins pour les victimes de la violence
Cet atelier qui a regroupé une quarantaine de personnes représentant différentes associations de défense des droits de l’homme, ainsi que les représentants des administrations, a permis d’échanger sur les freins et les possibilités d’accès à la justice pour les femmes et enfants survivants de la violence domestique et sexuelle ; d’identifier des solutions pour accroitre l’accès aux soins de santé pour les femmes et enfants survivants de la violence domestique et sexuelle ; et de discuter sur l’usage de la plateforme sur Internet pour documenter la violence domestique et sexuelle comme outil de suivi et d’aide à l’action.

De manière précise, les participants ont planché sur des thématiques reparties en trois panels : le premier panel a concerné les échanges sur la plateforme de suivi des violences et le rôle des parties prenantes ; le deuxième a porté sur l’accès aux soins pour les femmes et enfants victimes des violences : cas d’une zone urbaine et rurale ; et le troisième a porté sur l’accès à l’assistance juridique et judiciaire pour les femmes et enfants victimes de violence : défis et améliorations.

Au cours de la présentation de ces panels, il a été reconnu que la République du Congo a pris des engagements d’éliminer la violence fondée sur le genre en signant la Convention des Nations Unies sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes et la Charte Africaine sur les droits de l’homme et des peuples. Il existe différents lois et textes : code pénal de 1810 ; code de la famille de 1984 ; loi sur la protection de l’enfant de 2010. Ce cadre juridique fournit une protection pour les femmes et les enfants, y compris les femmes et les enfants survivant à la violence.

Cependant, il a été observé que malgré l'existence de ce cadre juridique, l’accès à la justice pour les femmes et enfants victimes des violences n’est pas facile. Car, ces textes et lois ne sont pas souvent appliqués en raison de la lenteur des procédures judiciaires et de l’ignorance des détenteurs de droits, notamment les survivants à des violences. En outre, certains textes datant de plusieurs années n’ont pas été mis à jour, et il manque de loi spécifique sur les violences faites aux femmes et aux enfants.

Dans la présentation du panel n’°1, Sylvie Niombo d’AZUR Développement a affirmé qu’il existe un plan national genre qui constitue un document d’orientation, élaboré par le ministère de la promotion et de l’intégration de la femme ; dans lequel la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles est identifiée. Mais, elle a souligné qu’il manque encore un plan national de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, avec des indicateurs précis. «Cela rend notre travail difficile, car chaque organisation définit ses propres axes stratégiques, cibles et indicateurs et il est difficile ainsi de mesurer le progrès collectif», a-t-elle déploré.

AZUR Développement appelle les femmes à la lutte pour l’accès à la justice et aux soins pour les victimes de la violence
Mme Niombo a rappelé que les femmes et les enfants sont victimes le plus souvent de violences domestiques et sexuelles. La majorité de ces violences sont perpétrées par des parents proches. Dans la période de février à mai 2013, par exemple, AZUR Développement, ARIPS et RASPC ont rencontré dans trois arrondissements de Pointe-Noire, 34 cas dont 13 cas de violences conjugales (soit 38%) et 12 cas de viol de mineurs, soit 35% de la totalité des cas de violence suivis. Pour les cas incestueux, les enfants sont souvent menacés et intimidés, ce qui ne leur permet plus de s’exprimer facilement et librement.

La directrice départementale de la promotion de la femme de Pointe-Noire, Anne Marie Mampouya Kouka, a affirmé que certaines femmes font obstruction à l’accès à la justice et aux soins pour les femmes et enfants survivants de la violence. «Ces femmes plaident parfois pour leurs époux, qui ont pourtant commis des actes de violence sur leurs propres enfants, sous prétexte que si leurs épousés sont incarcérés, elles vont souffrir avec les enfants. Elles préfèrent donc qu’on libère leurs époux, pendant que leurs enfants victimes de la violence souffrent», a-t-elle fait savoir.

Et Mme Mampouya Kouka d’inviter les femmes (victimes de violences ou non) à prendre conscience de leur situation : «La lutte pour la justice et les soins pour les femmes et enfants survivants à la violence domestique et sexuelle doit être menée par toutes les femmes, sans exception. Nous devons nous sérer les coudes et travailler la main dans la main dans cette lutte».
Par ailleurs, elle évoqué également la violence faite aux hommes par les femmes. «Pendant que nous parlons des violences faites aux femmes, nous devons savoir que les femmes sont aussi en train d’exercer une violence sur les hommes. Dans certains quartiers de Pointe-Noire, les femmes violentent les hommes la nuit. Les hommes ont désormais peur de se promener dans les ruelles de ces quartiers. Il s’agit là d’une question grave à laquelle nous, femmes, devons trouver de solution», a souligné Mme Mampouya Kouka.

Il sied de mentionner que l’atelier de plaidoyer a été organisé par AZUR Développement,, en partenariat avec le ministère de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement, avec l’appui financier du Fonds de Hivos.

AZUR Développement est une association de femmes qui a commencé ses activités en 2003, sur l’initiative d’un groupe de jeunes femmes motivées à améliorer la condition des femmes et des enfants. Elle a étendu ses activités dans le pays et initié des actions régionales en Afrique francophone. AZUR Développement travaille en collaboration avec d’autres ONG, parmi lesquelles l’Agence régionale d’information sur le SIDA (ARIPS),le Réseau des associations de solidarité positive du Congo (RASPC), et de l’Association des femmes pour le développement de la Bouenza (AFDB).

Gaspard Lenckonov



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